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This article was written on 30 nov 2012, and is filled under CD New-releases, New on digital stores, News, Reviews.

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Première récompense pour le dernier opus Bach de Kei Koito

 

 

 

 

 

 

« Chefs-d’œuvre pour orgue. Vol. III. » : Prélude et fugue BWV 544. Fugue sur un thème de Corelli BWV 579. Concertos BWV 894 et 974. Aria BWV 170. Chorals BWV 639,721 et 736. Toccata et fugue BWV 540.

Kei Koito (orgue Müller de l’église Saint-Bavon de Haarlem).

Claves 50-1107. © 2012. TT : 1 h 12′. Technique: 4/5

5 Diapasons du Magazine DIAPASON

 

Kei Koito poursuit un enregistrement non pas de l’œuvre pour orgue de Bach -avec le caractère méthodique fatal aux intégrales – mais d’œuvres pour orgue de Bach. Après un deuxième volume très construit (Diapason d’or, cf. n°59T), la démarche se fait buissonnière en ce troisième qui mêle à deux des plus grands diptyques du répertoire, l’un funèbre, l’autre solaire et virtuose, trois petits chorals et deux concertos pour clavecin (adaptés et joués comme œuvres pour orgue à part entière). Nul argument liturgique ou formaliste, nulle solution d’unité extramusicale. Nulle autre loi que du désir et de l’instrument.

 

Cet arbitraire joyeux humanise une radicalité qui n’a jamais quitté l’interprète : pédale archilourée, rythmes archipointés, phrasés archi-articulés. Certains haïssent. Nous-mêmes avons haï, jadis, un Art de la fugue ainsi joué, sur un instrument français qui se demandait ce qu’il fichait là. L’œuvre n’y prenait pas chair, elle y sonnait raide et biscornue. Ici, point d’abstraction. La dévotion, quant à elle, pointe son nez dans les chorals, et elle n’a pas froid aux yeux. Elle ne craint pas la sensualité dans Ich ruf zu dir, ni quelque théâtre dans Valet ich will dich geben ou les ornements ajoutés à Erbarm’ dich mein.

Sur les timbres de brocart et d’or de l’orgue de Christian Müller (1738), cette anthologie qui vagabonde d’un genre à l’autre et d’Allemagne en Italie dresse le portrait d’un Bach laïque et européen, qui assume avec pompe « la compénétration entre l’austérité luthérienne de son projet et la luxuriance baroque de sa musique » – comme l’écrivait Dominique Fernandez dans notre n°303. Portrait d’un Bach dont la « vieille perruque » (une insolence du jeune Jean-Chrétien) eût penché malgré soi vers la Contre-Réforme. Portrait partiel ? sans doute. Partial ? certainement. Faux ? allez savoir…

Paul de Louit

Retrouvez le Making of de cet enregistrement

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