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This article was written on 12 oct 2011, and is filled under CD New-releases, Live events, News.

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Mélodie Zhao met Liszt au sommet

 

 

 

 

 

 

Photo : © Philippe Pache 2011

 

 

 
 

A 13 ans, elle jouait déjà toutes les Etudes de Frédéric Chopin. Quatre ans plus tard, la voici qui affronte, au disque et en récital, celles de Franz Liszt, sommet de la difficulté pianistique. Mélodie Zhao, 17 ans depuis un mois, est un phénomène. Et pas seulement lorsqu’elle se retrouve derrière les 88 touches d’un piano de concert. L’adolescente sino-helvétique écrit, compose, philosophe, discute des sujets les plus variés avec aisance. Elle n’a peur de rien et le fait savoir.

Mercredi au Victoria Hall, à l’invitation des Amis OSR, la jeune musicienne jouera le programme de son tout nouveau CD: les redoutables12 Etudes d’exécution transcendantede Liszt. Un recueil que peu de pianistes osent affronter en concert dans son intégralité. Or, assure Mélodie, «les donner d’une traite permet d’obtenir une fusion entre transcendance physique et mentale». Exactement ce que recherchait le compositeur romantique.

Pour l’occasion, l’interprète a rédigé elle-même le texte de présentation distribué aux spectateurs, sous la forme d’une «nouvelle qui a Liszt pour personnage, précise-t-elle en souriant. Je crois que c’est assez drôle à lire!»

Famille de musiciens

On l’aura compris, Mélodie respire le bonheur dès qu’il s’agit de partager sa passion avec le public. Très sûre d’elle et de ses capacités, elle estime s’attaquer à ce monument du piano «au bon moment». Parce que c’est le bicentenaire de la naissance de Liszt (1811-1886) et qu’elle place ce compositeur dans son panthéon personnel aux côtés de Beethoven, Chopin et Tchaïkovski. Et parce que «maîtriser cette œuvre, c’est s’assurer un contrôle total sur l’instrument». A 17 ans, Mélodie est déjà au sommet de son art.

Il faut dire qu’elle est tombée dans la musique à l’âge où d’autres enfants apprennent tout juste à ramper. «J’ai eu la chance de grandir dans une famille de musiciens qui a su stimuler mes prédispositions», admet-elle modestement. Née en Gruyère de parents chinois, dont un père professeur de violon, elle est confiée à 7 mois à ses grands-parents installés à Pékin: «Mon grand-père était trompettiste et chef d’orchestre, ma grand-mère danseuse et chorégraphe. Grâce à eux, j’ai appris à reconnaître très tôt les notes de manière infaillible. »

Le meilleur professeur

Mais l’oreille absolue ne suffit pas pour devenir une pianiste surdouée. Il faut également «étudier dur et avec une bonne méthode». Aujourd’hui encore, Mélodie planifie chaque journée de travail avec son père. «Grâce à ses conseils, mes progrès ont été rapides et je n’ai jamais connu de problème de santé».

De retour en Suisse, elle s’installe avec sa famille à Genève et entre à 9 ans au Conservatoire de la place Neuve, dans la classe de Mayumi Kameda. Puis travaille avec Pascal Devoyon, «le meilleur professeur du monde», dont l’enseignement «détaillé» donne des «directions claires» à l’étudiant. «C’est lui qui m’a encouragée à apprendre très tôt lesEtudesde Chopin et de Liszt. »

L’Himalaya des pianistes

Aujourd’hui, Mélodie habite Saint-Prex. Quand elle ne travaille pas son piano, elle regarde des films, lit des «classiques» ou écrit, aussi bien des textes «philosophiques» que de la musique. Il y a deux ans, inspirée par une région de Chine riche en sources naturelles, elle a composé une sonate pour piano intitulée précisémentSources. Une partition «très romantique», accueillie triomphalement partout où elle l’a jouée. «Je ne voulais pas composer, il existe déjà tellement de bonne musique. Mais j’y ai pris goût…» Elle s’attelle ces jours-ci à une ouverture pour piano et orchestre.

Nullement effrayée par son fulgurant début de carrière, Mélodie Zhao sait déjà comment occuper ses prochains mois. Après les sommets de Chopin et de Liszt, elle va conquérir l’Himalaya des pianistes: «J’aimerais enregistrer et jouer en concert les32 Sonatesde Beethoven. » Excusez du peu.

Tribune de Genève, Luca Sabbatini

Victoria Hall, mercredi 12 octobre à 20 h, gratuit, réservation conseillée au tél.

infos sur: www. amisosr. ch

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