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This article was written on 06 juin 2011, and is filled under News.

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Die Schöne Müllerin, Making of – Part One

Le Président de Claves Records, Me Olivier Verrey, est un passionné d’art lyrique et de chant ; très jeune, son goût pour la musique et les artistes s’est exprimé au travers de chroniques dans la Gazette de Lausanne et le Journal de Genève, passant ses vacances à parcourir les temples lyriques, de Salzbourg à Bayreuth en tant que correspondant spécial. Si un article relatera peut-être un jour les coulisses de ces périples, le sujet du jour est bien le « making of » de l’album Schubert avec le ténor suisse Eric Tappy.

La rencontre entre les deux hommes a suscité une première parution en 2004, un Pelléas du Grand Théâtre de Genève (avec le sublime Golaud de Gérard Souzay, seule rencontre scénique des deux artistes), enregistré en 1969. Dès lors, la question de publier un cycle de Lieder ne cessera de se poser, la voix d’Eric Tappy ayant été miraculeusement préservée. Même si la carrière de chanteur s’est subitement arrêtée en 1981 pour des raisons qui lui sont personnelles, l’on sait que chaque matin – contrairement à la plupart de ses collègues, il est « du matin »- il chante, en commençant par d’indispensables exercices techniques.

Mais pour qui chante maintenant Eric Tappy ? Pour Denise, sa femme et confidente de toute une vie, pour les oiseaux de Belmont-sur-Lausanne, ou alors, farouche tel Carmen, il chante « pour lui même » ? Sans doute, sans doute mais aussi pour quelques amis parfois, accompagné par sa fidèle accompagnatrice, Paulette Zanlonghi.

Alors, pourquoi pas, un retour dans les studios, par exemple pour la Schöne Müllerin de Schubert que le chanteur a beaucoup travaillée et chantée, sans jamais l’avoir enregistrée ? Eric Tappy hésite, réfléchit, les mois passent et le rêve semble s’estomper quand soudain, le chanteur se souvient d’un enregistrement réalisé par une radio hollandaise. Il en parle à son ami Olivier Verrey et voici le projet qui démarre !

Eric Tappy se souvient en effet de cet enregistrement fait en un jour à Hilversum en janvier 1974,  le lendemain d’un récital dans la salle de musique de chambre du Concertgebouw à Amsterdam. Tendu avant de monter sur scène, hésitant à se munir de son habituel petit carnet où il a copié de sa main chaque parole des Lieder, Eric Tappy décide en quelques secondes de laisser le carnet et, sûr de lui, entre en scène avec le pianiste Ruben Lifschitz.

Sûr de lui, mais comment en aurait-il pu être autrement alors qu’il peaufine et travaille ce cycle avec le pianiste depuis près de deux ans ? Si la confiance en soi est une belle qualité, le doute est peut-être la botte secrète des artistes pour se dépasser et, en effet, le concert d’Amsterdam fut un triomphe. Libéré, les deux artistes se rendent le lendemain à Hilversum et enregistrent, à seule fin de radiodiffusion, le cycle de la Schöne Müllerin.

La suite de l’histoire sonne comme un conte : la semaine suivante, la radio KRO de Hilversum diffuse l’enregistrement. De l’autre côté du poste se trouve le compositeur suisse Frank Martin : son enregistreur Revox est prêt, il vérifie le bon fonctionnement du micro, le place devant le haut parleur de la grosse radio en bois qui trône dans le salon, impose le silence autour de lui et, au moment J, appuye simultanément sur PLAY et REC. La légende est en marche.

Puis Frank Martin — qui mourra le 21 novembre de cette année-là — envoie la bande à Eric Tappy ; ce dernier, en pleine gloire, enchaînant opéras, festivals et grand chefs, se dit qu’il sera sans doute bien agréable d’écouter cet enregistrement un jour et range soigneusement la bande dans une armoire : elle y dormira près de 40 ans…

Patrick Peikert, Claves records ©

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